Japon
Fuji Five Lakes
Les Cinq Lacs de Fuji—Kawaguchiko, Saiko, Yamanakako, Shojiko et Motosuko—se trouvent à la base nord du Mont Fuji, dans un paysage qui est sacré pour l'imaginaire japonais depuis plus d'un millénaire. Ces lacs, formés par d'anciennes coulées de lave du Fuji qui ont barré les rivières existantes, offrent chacun une perspective distincte sur la montagne, qui est à la fois le plus haut sommet du Japon (3 776 mètres), son symbole le plus puissant, et un site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO reconnu non pas comme une merveille naturelle, mais comme un "lieu sacré et source d'inspiration artistique." L'image du Fuji réfléchie dans les eaux calmes du lac Motosuko orne le billet de banque actuel en yen—et la réalité est encore plus époustouflante que ce que la gravure suggère.
Le lac Kawaguchiko est le plus accessible et le plus développé des cinq, sa rive nord bordée d'hôtels, de restaurants et de musées, et reliée à Tokyo par un service de bus direct de moins de deux heures. Le téléphérique de Kawaguchiko s'élève vers un point de vue au-dessus du lac, offrant une vue panoramique qui englobe le lac, les forêts environnantes et—lorsque le ciel est dégagé—la majesté totale du Fuji s'élevant en parfaite symétrie. Le défi d'apercevoir le Fuji clairement fait partie de l'expérience : la montagne génère ses propres systèmes météorologiques, et les nuages obscurcissent fréquemment le sommet. Les matins d'hiver offrent les meilleures chances d'une vue dégagée, lorsque l'air froid et sec crée les conditions pour le célèbre lever de soleil
La cuisine de la région des Cinq Lacs de Fuji s'inspire de la richesse en eau douce des lacs et des traditions agricoles de la préfecture de Yamanashi. Le Houtou, une soupe de nouilles plates mijotée avec de la courge, des champignons et des légumes-racines dans un bouillon de miso, est le plat réconfortant emblématique de la région—un mets copieux qui réchauffe après une journée de randonnée ou de visites dans l'air montagnard. Les lacs produisent du wakasagi (poisson d'étang), un petit poisson délicat qui est frit entier et dégusté avec du sel—particulièrement prisé comme prise de pêche sur glace en hiver. La préfecture de Yamanashi est également la première région viticole du Japon, avec des vignobles autour de Katsunuma cultivant le cépage indigène Koshu—une variété qui produit des vins blancs frais et minéraux qui s'accordent naturellement avec la cuisine japonaise.
Les attractions de la région s'étendent bien au-delà de la contemplation du Fuji. La forêt d'Aokigahara, un bois dense poussé sur de la lave durcie à la base nord-ouest de la montagne, est l'une des forêts les plus inhabituelles du Japon—ses grottes de tubes de lave, son sol recouvert de mousse et son silence étrange ont inspiré de nombreux contes folkloriques. Les Oshino Hakkai, un ensemble de huit étangs d'une clarté cristalline alimentés par la fonte des neiges filtrée à travers la lave du Fuji pendant plus de quatre-vingts ans, offrent un contrepoint serein au drame de la montagne. La pagode Chureito, une structure à cinq étages perchée sur une colline à proximité de Fujiyoshida, propose la composition emblématique de la pagode et du Fuji, devenue l'une des scènes les plus photographiées du Japon—particulièrement spectaculaire pendant la saison des cerisiers en fleurs, à la mi-avril.
La région des Cinq Lacs de Fuji est accessible depuis Tokyo par un bus direct (deux heures) ou par train jusqu'à la gare de Kawaguchiko. La meilleure période pour admirer des vues dégagées du mont Fuji est l'hiver (novembre-février), lorsque la montagne est couronnée de neige et que l'air est le plus pur. La saison des cerisiers en fleurs (mi-avril) et la saison des feuillages d'automne (mi-novembre) sont les périodes de visite les plus prisées. L'été marque le début de la saison d'escalade sur le mont Fuji lui-même (juillet-août). Le Festival de Fuji Shibazakura, qui se tient d'avril à mai, recouvre les champs de phlox mousse rose à la base de la montagne.